Un sol riche et vivant pour un jardin résilient et foisonnant, même en période de sécheresse !

Le sol, premier allié du jardinier

Le sol est avant tout vivant. Saviez-vous qu’il y a autant d’êtres vivants dans une cuillère à café de terre fertile qu’il y a d’humains sur la planète ? Et c’est toute cette vie qui a permis, depuis la création de l’île, année après année, d’altérer la roche mère pour produire une fine couche de terre arable et cultivable. Le rôle du jardinier, soucieux de la qualité de ses plantes et de ses productions, consiste donc à créer et aménager les meilleures conditions possibles pour disposer d’un sol vivant car c’est la qualité du sol qui est la clé de sa fertilité.

Le paillage, une technique simple aux multiples vertus

Le paillage du sol, ou “mulching” en anglais, consiste à étaler un paillis (ou “mulch”) à la surface du sol pour le protéger. Dans la nature, sauf exception (désert), la terre ne reste jamais à nu. La nature a horreur du vide. Il est donc judicieux d’utiliser les déchets verts du jardin comme paillis : les feuilles mortes, les tontes de gazon sèches, les tailles de haies, les branches et les palmes broyées peuvent ainsi être utilisées pour couvrir la terre sur une épaisseur de 3 à 15 cm.

Le sol, une usine à recycler la matière organique

Le sol répond à différents critères physiques, chimiques et biologiques. Mais c’est toute la vie du sol, constituée à la fois des champignons (mycorhizes), des bactéries, de sa microfaune (acariens, collemboles, etc.) et de sa macrofaune (vers de terre, fourmis, cloportes, etc.) qui travaille chaque jour et chaque nuit pour produire de l’humus et enrichir constamment la qualité du sol. Encore faut-il pour cela lui apporter suffisamment de nourriture ! C’est là le rôle du paillage.

Les avantages du paillis sont nombreux :

• évite le développement des mauvaises herbes,
• couvre et protège le sol des rayons du soleil et du vent
(contre la battance et l’érosion),
• nourri, protège et abrite la vie du sol,
• améliore à la fois la biodiversité et la biomasse totale du sol,
• préserve la fraîcheur du sol en période de forte chaleur
(différence constatée de + 10°C),
• préserve l’humidité et évite l’évapotranspiration du sol en période
de sécheresse,
• augmente la perméabilité du sol et sa capacité à retenir l’eau (effet éponge),
• amende et enrichi naturellement le sol progressivement, évitant ainsi
les achats et apports d’engrais de synthèse.
Mais aussi :
• limite les déplacements en déchèterie (transport, CO2),
• limite le recours à la collecte, très coûteuse pour la collectivité,
des déchets verts,
• lutte contre le réchauffement climatique en améliorant le taux de matière
organique des sols (projet 4 pour 1000).

Le paillage au jardin est donc une pratique simple et efficace à mettre en œuvre pour faire face à des moments de sécheresse. Le recyclage des déchets verts et de la matière organique devient une évidence et une pratique logique pour tout jardinier. Avec un peu de patience et du temps, il vous sera même possible d’observer le retour de nombreux animaux tels que le “bébète larzan” (cétoine doré), les papillons, les tangues et autres lendormis (caméléons), véritables sentinelles, indicateurs de la bonne santé de votre jardin et de votre environnement.

Article de: Laurent Dennemont [Angraecum] est Maître-Composteur (©ADEME)

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